Varanasi

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[Fr]

Vivre et mourir à Varanasi

Varanasi, autrement appelée Benares, est la ville sacrée de l’hindouisme par excellence. Située sur les rives du Gange, elle est le reflet de ce qui se fait de plus incroyable en Inde. Le culte de Shiva (dieu hindou) y est poussé à son paroxysme. La spiritualité de ce lieu se dégage autant par son architecture unique que par la ferveur sans égale des pèlerins. Ces derniers viennent par milliers chaque jour pour se baigner dans les eaux sacrées du fleuve et ainsi expier leurs péchés. Les principaux ghats, ces marches qui recouvrent la rive et qui permettent aux religieux de pratiquer baignades et ablutions, se situent entre les 2 centres de crémations construits au bord de l’eau. Ainsi depuis des siècles et de façon continue, les corps des hindouistes sont incinérés jusqu’à ce que les flots viennent emporter leurs cendres… 

Je vis avec l’Inde une histoire d’amour et de répulsion. Et en venant visiter Benares en Mars 2013, je devais combattre mon lot de clichés que je m’étais construit autour de ces histoires de sâdhus, ces hommes saints habillés d’une tunique orange, et de corps brûlés flottant sur le Gange. J’en suis reparti apaisé par de belles rencontres et ébloui par les couleurs des cérémonies mystiques mais convaincu d’une forme de mascarade jouée par de faux ascètes attirés plus par les dollars des touristes (occidentaux comme indiens…) que par l’énergie cosmique. 

Dans tous les cas, c’est bien un site qui ne laisse pas indifférent. Ne serait ce que par la ferveur religieuse qui rythme les gaths dès le lever du jour. Car quoi qu’on en dise, la religion est bien le mot qui caractérise cette contrée et Shiva est au centre de son âme. On vient vivre et mourir à Varanasi, car le Gange apporte bénédiction et rompt le cycle des réincarnations pour accéder au Nirvana.

Coincée entre rêves et stéréotypes, elle reste indispensable à tous ceux qui veulent se confronter à la culture et aux rituels indiens. 

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Photos & Textes © Kares Le Roy
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Kawah Ijen

[Fr]

Volcan Kawah Ijen à Java, Indonesie

Dès la première semaine du voyage, propulsé au coeur de l’Indonésie, j’ai eu la chance de vivre et de voir des choses incroyables! Les routes chaotiques de l’île de Java m’ont amené vers l’Est, de volcans en volcans jusqu’au Kawah Ijen, le "cratère vert".

J’ai eu envie de parler particulièrement de ce volcan plutôt qu’un autre car il a la particularité d’abriter un lac de cratère et une soufrière, une mine très particulière exploitée depuis les années 60. Après une montée intense jusqu’à 2386 mètres que l’on démarre dans les brumes de l’aube, on peut voir le soleil se lever sur un lac turquoise des plus acides au monde. En effet, sur l’un des flancs du cratère qui tombe dans le lac, du soufre se déverse en abondance, créant un contraste sublime entre sa couleur jaune citron et le camaïeu vert de l’eau.

Un spectacle ahurissant, d’autant plus que l’on assiste au ballet des "forçats du soufre", ces hommes qui extraient la matière pour l’amener 4 kilomètres plus loin dans des conditions très difficiles. Les charges portées sur les épaules peuvent aller jusqu’à 90 kilos! Considérés comme des héros dans leur village, ils ne vivent pas plus de 50 ans face à l’intoxication des vapeurs qu’ils respirent au quotidien. Leur paye allant apparemment avec les risques de leur métier, je ne les ai pas vu se plaindre quand je les croisais. C’est plutôt avec un sourire qu’ils me demandaient… une cigarette, le visage nu, alors que je me camouflais sous une écharpe pour me protéger des fumets qui me faisaient cracher les poumons.

Un exploit qui force le respect, une vie qui apprend à relativiser la nôtre.










Kawah Ijen | Java | Indonesie

Photos & Textes © Kares Le Roy
Les photos sont issues du livre 56 000 kilomètres – un continent et des hommes (Amu Darya Editions) disponible ici

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Kids of the world #01

[Fr]

Mômes du monde #01
Asie du Sud Est

Comment parler de l’Asie sans écrire plusieurs posts consacrés aux enfants. En Asie du sud Est, il faut dire qu’on peut les voir jouer à chaque coin de rue. J’aurais plusieurs anecdotes les concernant mais celles qui me laissent le meilleur souvenir se situent au Laos.

En Octobre 2009, dès le 3ème mois de mon voyage, j’ai eu l’occasion au détour des petits villages qui entourent Luang Prabang, de rentrer dans des cours d’écoles et même de faire une apparition dans une classe.

Parti à vélo pour me balader, je me suis vite laissé perdre. Au bout de quelques kilomètres de route en terre très rouge, je me suis retrouvé nez à nez avec un portail d’une cour de récréation. Je me rappellerai toujours de l’accueil énergique et spontané que les enfants ont eu en me voyant. Tout en me sautant dessus, ils hurlaient de joie. J’appuyais à l’aveuglette sans trop m’appliquer car trop agité par ces petites têtes brunes. Il en est sorti plusieurs clichés dont l’un qui a été particulièrement mis en avant dans mon projet. Cette photo dont la mise au point s’est faite sur la main de l’un des enfants qui essayait d’attraper mon appareil, et qui représente à elle seule toute l’énergie à laquelle j’ai assisté ce jour là. Avec difficultés, j’ai réussi à partir pour qu’ils reprennent leurs activités et moi ma route. Mais c’était sans compter que quelques kilomètres plus loin, une maitresse me propose gentiment de rentrer carrément dans une classe de maternelle. Intimidés, ces enfants en bas âge ont mis plus de temps à venir chahuter avec moi. Une fois la confiance installée, ça n’a été que plus dur de les faire se rasseoir devant leurs pupitres en bois.  A l’unisson, j’ai eu le droit à un au revoir très touchant, entamé par la maitresse qui contrôlait parfaitement sa classe…

Un simple et doux souvenir que je garde en mémoire grâce à une photo prise parmi eux, dans l’humidité d’une après-midi d’été, au milieu du pays aux milles éléphants.


Laos | Luang Prabang


Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

Laos | Luang Prabang

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Samarkand

[Fr] Samarcande Parler de Samarcande, cette ville incroyable d’Asie Centrale, cette étape de la route de la soie, ce carrefour entre la culture turque et persane, est l’une des choses qui me tient le plus à coeur. Et ceci pour des dizaines de raisons. J’avais 13 ans quand ma soeur m’a offert le livre d’Amin Maalouf (un auteur libanais passionnant) qui porte ce nom et qui décrit l’histoire du poète philosophe Omar Khayyam, durant son passage dans cette ville mythique. A l’époque, sa première lecture m’avait bouleversé et avait mis en éveil mon regard sur cette partie du monde. Plus qu’un conte des mille et une nuits aux histoires fantastiques, je rentrais dès les premières pages de ce livre dans l’essence même de la philosophie turco-perse, de son histoire et de sa culture. J’ouvrais alors les portes d’un monde imaginaire qui allait devenir réalité 16 ans plus tard. Bien sûr, on n’y arrive plus à dos de chameau ou de cheval mais, pour l’anecdote : c’est bien un animal qui m’amène en Octobre 2011 au coeur de la ville; puisque le train qui va de Tashkent, la capitale de l’Ouzbékistan à Samarcande, s’appelle Shark ;) Les rues sont bien plus propres que dans le roman historique et j’ai vite compris que je n’étais pas le seul à avoir rêvé de son architecture. Mais la magie du lieu a bel et bien opéré dès le premier pas posé au milieu du Registan, cet ensemble de medersas (écoles coraniques) du XV ème siècle. A partir de là, il n’y a plus grand chose à dire, ou peut être justement trop! Seuls les livres d’histoires peuvent raconter le reste et décrire avec précision ce que l’on peut encore trouver de la grande dynastie des Timourides qui a contrôlé la région pendant près de quatre siècles. Tous les grands guerriers turco-mongol s’y sont succédés. Gengis Khan y a laissé des ruines alors que Tamerlan y a construit certains des plus beaux monuments du monde recouverts de mosaïques bleues. Quelques images pour partager la richesse de cette culture et mettre en lumière l’immensité de son histoire…

Samarkand | Registan | Medersa Cher-Dor (1635)

Samarkand | Registan | Medersa Cher-Dor (1635)

Samarkand | Registan | Medersa Cher-Dor (1635)

Samarkand | Registan | Medersa Tilla Kari (1659)

Samarkand | Registan | Medersa Tilla Kari (1659)

Samarkand | Registan

Samarkand | Registan

Samarkand | Registan

Samarkand | Registan

Samarkand | Registan | Medersa Tilla Kari (1659)

Samarkand | Registan

Samarkand | Gur Amir | Tomb of Tamerlane (1404)

Samarcande | Bibi-Khanym Mosque (1405)

Samarkand | Gur Amir | Tomb of Tamerlane (1404)

Samarkand | Gur Amir | Tomb of Tamerlane (1404)

Samarcande | Bibi-Khanym Mosque (1405)

Samarcande | Bibi-Khanym Mosque (1405)

Samarkand | Gur Amir | Tomb of Tamerlane (1404)

Samarcande | Bibi-Khanym Mosque (1405)

Samarkand | Registan | Medersa Tilla Kari (1659)

Samarkand | Registan | Medersa Tilla Kari (1659)

Samarcande | Registan

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Annapurnas Grandma (part.01)

[Fr]

Ma grand-mère des Annapurna / Annapurna grandma

Comment aurais-je su que ce visage allait prendre autant d’importance le jour où je l’ai pris en photo, en avril 2010, durant le trek des Annapurna au Népal?

Plus qu’un portrait, cette grand-mère est devenue l’égérie de mon projet. Elle représente à elle seule tout ce que j’essaie de montrer à travers mes photos : La beauté sans artifice, sans code, sans carcan. Elle fait partie des personnes les plus difficiles d’accès que j’ai prises en photo; et rien que pour ça, elle est devenue pour moi l’icône des peuples oubliés ou méconnus que j’affectionne et recherche tout particulièrement le long de ma route.

Je pourrais raconter des centaines d’histoires en regardant l’ensemble de mes photos mais quand on me demande une anecdote sur cette personne âgée, je n’en ai pas vraiment. Je ne sais ni son nom, ni son âge. Déjà parce qu’elle ne pouvait pas parler et, isolé devant sa maison ou elle prenait le soleil, je n’ai passé que quelques minutes avec elle, reprenant la marche vers les sommets. A la vue de mon appareil photo, elle a joint ses mains pour toucher son front. J’ai compris qu’elle me faisait un "Namaste", la salutation chez les indiens et les népalais. 5 clichés ont immortalisé la scène dont 2 portraits.

Sur le moment, j’aurais aimé en connaitre plus sur elle, et il me tarde d’ailleurs d’y retourner pour la remercier pour tout ce qu’elle est devenue, pour tout ce qu’elle représente désormais. Mais avec le temps et le recul, je me dis que peu importe. Ai-je besoin de connaitre son nom? Son âge? Je tiens surtout à ce qu’elle reste cette femme mystérieuse; les mouches collées sur son bonnet rouge, qui fait la couverture de mon livre. Je l’ai appelé "Grand mère", parce qu’en dehors des liens de sang, elle est la grand mère de mon projet, la doyenne de toutes les autres photos. Pour moi, elle a 100 ans, pas un de plus, pas un de moins. Et avec le temps, ce n’est presque plus une femme ou un homme (et beaucoup ont confondu…), c’est une vieille personne au sourire d’enfant. Un personnage intemporel qui ne pouvait pas mieux résumer les 56000 kilomètres qu’à travers les rides de son visage…


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Sur la route / On the road #02

[Fr] 

Etre “sur la route”… Encore et toujours!

J’aurais pu faire plusieurs articles sur le sujet tellement j’ai d’images qui correspondent à ce thème. Chaque photo correspond à des heures de traversée, et il faudrait pour mieux refléter ces moments, pouvoir y ajouter de la musique. La bande originale d’un voyage en Asie, rythmé par de la soul, du jazz, de la chanson française et tellement d’autres ambiances. Pour ne citer qu’eux : Anouar Brahim, Avishai Cohen, Stevie Wonder, Ben Harper, Beirut, Oxmo Puccino, Sly Johnson, Pauline Croze, Camille etc… Et bien sûr, la musique de mon ami compositeur Woodini, que je recevais régulièrement et qui a bercé ces 56 000 kilomètres.
Addict à ces heures passées dans des transports en tous genres, où le monde n’est que réflexion, je pourrais passer ma vie… Sur la route.

[En]

On the road, again and again! 

I took so many photographs with this theme at their center, that I could have written several articles on the subject. Each photograph was taken after hours of travel to a particular place and would certainly be brought to light with the addition of a musical background. The original soundtrack from an Asian journey, with rhythms of soul, jazz, French music, and so many more ambient sounds. To name only a few: Anouar Brahim, Avishai Cohen, Stevie Wonder, Ben Harper, Beirut, Oxmo Puccino, Sly Johnson, Pauline Croze, Camille etc. And, of course, the music of my dear friend and composer Woodini, who was sending me original tracks throughout my 56000 kilometers allowing me to dream.

Addicted to those hours spent in various means of transportation, where the World is a pure reflection, I could live my entire life… On the road.

Kirghizistan

Kirghizistan

Kirghizistan

Kirghizistan

Kirghizistan

Ousbekistan

Ousbekistan

Tajikistan

Tajikistan

Iran

Iran

Iran/Irak

Irak

Iran

Iran

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Sur la route / On the road #01

[Fr]

Etre "sur la route"… Obligé de commencer par ça.

Puisque c’est ce qui définit en grande partie le voyage. 56000, c’est le nombre de kilomètres qui séparent Jakarta d’Istanbul. Un long voyage en car, voiture, moto, train etc. Le nez collé à la vitre pour ne pas en perdre une miette. J’ai du choper autant de torticolis que de fois où je me suis déplacé d’un point à un autre.
La plupart de ces clichés sont pris du véhicule qui me transportait, ou juste à côté. Combien de paysages, de montagnes, de plaines, de vallées, de villes, d’états, de frontières traversées. Il en reste quelques clichés à montrer.

[En]

Being ‘on the road’…

Is a mandatory starting point, since it primarily defines what it is to travel. 56000, is the number of kilometers separating Jakarta from Istanbul. A long journey by bus, car, motorcycle, train, etc. The nose glued to the window as to not  let any detail escape my vision. Most of these photographs were taken from the POV of the vehicle I was traveling in, or right next to it. How many landscapes, mountains, plains, valleys, cities, states, or borders traveled? I still have some photographs to show.

 Indonesia

 Thailand

 Thailand

 India

 India

 India

 Sri Lanka

 Sri Lanka

 Tibet

 Tibet

 Tibet

 Tibet

 Tibet

 Mongolia

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